« A RUTU, osons les numériques ! CREATIONS – INNOVATIONS – INITIATIVES

25/02/2013
par cpouplard
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Compte-rendu : Surfez la vie…surfez les vagues du numérique – Vendredi 15 février

Dans le cadre du campus numérique, une visioconférence donnée par Joël de Rosnay a été organisée à l’IUFM via Skype. Mais avant cela, trois projets d’éducation à distance et nouvelles technologies de l’information et de la communication ont été présentés.

Photo Joel de rosnay

Joël de Rosnay, prospectiviste et auteur d’une quinzaine de livres scientifiques, a ensuite commencé sa conférence en présentant son livre Surfer la vie, « un livre politique » précise-t-il, « sur une philosophie de la vie, sur des valeurs qui cherchent à donner du sens à la vie. Depuis longtemps, je voulais écrire un livre, sur les valeurs, sur la sagesse et sur le pouvoir (…). Je cherchais le lien pour écrire ce livre. Et c’est dans l’eau, en attendant les vagues que m’est venue l’idée que le lien était la fluidité, le flux, la temporalité du flux plutôt que l’espace statique qui cloisonne, qui créé des murs entre les gens. Donc j’ai utilisé la métaphore du surf pour aller vers la société fluide (…). Nous devons nous adapter, anticiper, prévoir les risques comme dans le surf (…). Le surfeur n’est pas en équilibre, il passe son temps à corriger des déséquilibres, comme dans la vie. La vie est une vague. C’est l’art de corriger les déséquilibres qui permet de donner un sens à sa vie, une direction ».

« Comme scientifique, comme prospectiviste et comme surfeur, j’ai essayé de rassembler tout cela. En tant que scientifique, je me suis aperçu que tout est fondé sur l’élément (l’élément atomique, la molécule, l’individu dans un marché) et les rapports de force (…). Ces rapports de force ne peuvent changer que par une escalade, l’un prenant le dessus de l’autre. (…). Mais en complément de la force, se trouve le lien et le flux : le lien humain, le lien social, le lien URL. (…). Le flux transforme des rapports de force en rapport de flux. Et l’important dans le flux comme dans le surf, c’est qu’il faut beaucoup d’informations pour être capable de réguler les flux. Il faut connaitre l’information qui sort et l’information qui rentre ». Joël de Rosnay parle alors de la mise en place d’une société fluide. « Cette société fluide est en train de se mettre en place autour de nous. C’est une société du partage, de la générosité malgré tous les problèmes qu’il y a actuellement dans le monde. On voit émerger, grâce aux technologies du numérique, surtout dans la génération actuelle, le système Co- par rapport au système D qui est le système débrouillardise du chacun pour soi, égoïste. Le système Co- c’est au contraire le système collaboratif, coopératif où les gens sont ensemble pour pouvoir faire des choses : partager une maison, une voiture, désintermédier. Le grand sujet d’aujourd’hui, c’est la désintermédiation : dans l’énergie, les transports, la banque, l’industrie pharmaceutique, l’agro-alimentaire, etc. Tout ceci résulte du numérique. Et j’ai voulu décrire dans ce livre comment la fluidité pouvait être le modèle d’une société du pouvoir transversal par rapport au pouvoir pyramidal qui est le pouvoir traditionnel politique et industriel ».

A la fin de son livre, après avoir donné des exemples de la façon dont on passe d’une société pyramidale à une société fluide, il explique que le futur se construit à partir de grandes valeurs telles que « le respect de la diversité, le respect de l’autre, le respect de la responsabilité individuelle et collective, l’altruisme, l’empathie, l’amour fraternel, la spiritualité laïque, tous ces éléments là, qui ont l’air un peu bizarre dans un livre sur la société fluide, sont pour moi, au contraire les piliers de la sagesse pour permettre de construire ensemble le monde de demain, un monde difficile, dangereux, complexe. Vous voyez que le surf peut nous emmener assez loin et même, à partir de ces valeurs, vers d’autres rapports sociaux, d’autres rapports humains alors que beaucoup de politiciens, beaucoup d’industriels restent encore accrochés à leur pyramide de pouvoir et ne comprennent pas que le monde a complètement changé autour d’eux. Ceci nous amène à surfer le numérique ».

Il vient à aborder les expérimentations d’Universciences, un établissement public qui regroupe le Palais de la Découverte et la Cité des sciences.

Celui-ci possède des imprimantes 3D « capables de renverser l’industrie dans le sens où l’industrie classique est massifiée, centralisée, standardisée contrairement à l’industrie 2.0 qui créé le monde avec une imprimante 3D permettant de fabriquer tous les objets imaginables, même une coque de bateau. Cette industrie 2.0 est décentralisée, déstandardisée, personnalisée, donc c’est une révolution pour les TPE et PME (…). Il y a même des imprimantes 3D qui fabriquent des imprimantes 3D ». Il parle ensuite des expériences sur les nouvelles méthodes d’enseignement : « A Universciences, les jeunes enseignent aux séniors. Cela s’appelle la co-éducation intergénérationnelle. Parce que les jeunes sont très habiles de manière transversale pour expliquer aux séniors toutes les subtilités du monde numérique et les séniors peuvent aider les plus jeunes à contextualiser, sédimenter les informations que les jeunes reçoivent de manière boulimique ». Ils ont observé que l’utilisation de la tablette par les seniors augmentait le rendement : « ils font maintenant en 1 heure ce qu’ils faisaient auparavant en 6 heures. C’est-à-dire aller sur Google, insérer une pièce jointe dans un mail, etc. (…). ». Puis d’autres créations sont évoquées comme la cité du jeu vidéo afin d’inciter les jeunes à créer des jeux sérieux : ils pourront imaginer un jeu où l’on tire sur des virus par exemple. »

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Il parle ensuite de la conférence qu’il a fait le matin même à l’UNESCO : Les nouveaux mutants du numérique, du portable à l’intégrable. « Effectivement nous sommes rentrés dans une aire de mutants, de femmes et d’hommes augmentés. Vous tous, qui utilisez des Smartphones et des tablettes, vous êtes des personnes augmentées. Cela signifie que vous avez acquis des fonctions et des sens que nos ancêtres n’avaient pas (….). Par exemple, ne jamais perdre le sens de l’orientation avec le GPS ou être capable de détecter des amis à proximité (…).

En plus de cela, vous créez un écosystème numérique. Oubliez Internet, c’est complètement ringard et préhistorique. On entend encore des gens dirent « On va sur Internet », mais on ne va pas sur internet, on est DANS internet ! C’est un écosystème numérique, on est dans la civilisation du numérique et nos enfants que j’appelle des MHBG, des mutants hybrides géo localisés, ce sont nos enfants, ils vivent dans un autre univers. Les générations précédentes n’ont pas compris ce tsunami. Deuxièmement, toutes nos actions modifient l’écosystème numérique dans lequel on est. (…) ». Enfin, « il y a co-évolution entre nous et le système. (….). Dans l’évolution technologique, nous avons des outils devant nous : tableau de bord, etc. attention, les outils ne sont plus devant nous, nous sommes les outils ».

Joël de Rosnay a également fait quelques prédictions : « L’univers dans lequel nous entrons va subir cinq grandes fusions : la fusion de l’espace numérique et du temps numérique (…), la fusion du numérique et de l’énergétique, ce sera plus important qu’Internet (…), la fusion du numérique et du matériel. L’exemple typique c’est la transformation des images en images 3D. (…) On commence même à imprimer des cellules vivantes avec une imprimante 3D. On a déjà imprimé une trachée pour l’implanter dans un corps humain. (…) Quatrième révolution : le numérique et le biologique. C’est ce que l’on appelle l’E-santé. Il y actuellement 5 000 applications  permettant de mesurer son état de santé (tension, cholestérol, etc.). Enfin, la fusion la plus importante qui nous pousse vers le Web 5.0, le symbionet, c’est-à-dire, un monde dans lequel le corps est connecté quand on le souhaite à l’écosystème numérique (…) ».

Il annonce que tout cela aura un impact politique, économique, culturel, etc. Or, « Les politiques sont enfermés dans leur pyramide de pouvoir et ne voient pas la transversalité qui existe dans le monde d’aujourd’hui. La génération Internet participe à ce que j’appelle la co-économie, une économie du partage, du crowd. On se met ensemble pour construire ensemble. Avec le co quelque chose, on peut construire une société plus à même de faire respecter les libertés humaines (…) ».

Il conclut sur trois choses : « Avec cette évolution numérique, le temps se compresse (…) il y a plus de densité de temps dans une heure. ». Pour schématiser, cela signifie qu’un an d’innovation internet correspond à 20 ans d’innovations industrielles classiques. Par ailleurs, il affirme que dans le domaine du numérique, les filles sont meilleures que les garçons, car « elles ont une vision systémique, une vision globale, une vision des interdépendances. Il n’y a pas ces problèmes de rapport de pouvoir, de vision cartésienne des choses (…) ». Enfin, il aborde les MOOC, les massives online open course qui « ont été développé la première fois il y a quatre ans par l’université de Harvard (…). Pour certains, ils ont 140 cours en ligne. Ils ont 50 à 60 000 personnes en même temps en ligne, ils sont 6 millions de personnes connectées abonnées régulièrement dans 182 pays et font réagir les internautes entre eux ». Ces universités ont aussi créé les conditions d’interactions avec les réseaux sociaux, « donc les gens créent des groupes en lignes, ils peuvent discuter entre eux. Ces universités mettent en place des systèmes d’évaluation pour voir si les élèves ont bien appris ».

Quant à Universciences, « pas de cours ex-cathedra formels », mais plutôt de « l’éducation informelle, c’est-à-dire une éducation des élèves par les élèves, une éducation avec énormément de multimédia, le transmédia (…) en plus de cela, on a développé avec Google la géolocalisation Indoor par un croisement du GPS, de la WIFI et du GSM pour localiser les gens à 20 ou 30 cm près. Ce qui permet d’avoir sur son Iphone, une carte de l’endroit où l’on est qui se modifie en temps réel. Imaginez cela sur un campus, un étudiant pourrait savoir où est le livre ou la personne qu’il cherche grâce à un écouteur dans l’oreille. Le livre recherché biperait à son passage (…). La cité des sciences devient un environnement physique « cliquable » (…). Le numérique permet donc aussi de « naviguer dans des espaces physiques comme si on était dans un site. Pour aller d’un site à l’autre ».

Pour en savoir plus : www.derosnay.com ; www.surfezlavie.com ; www.scenario2020.com ; http://www.universcience.fr

25/02/2013
par cpouplard
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Compte-rendu : L’économie numérique se construit : opportunités et expériences, réalisations et projets de la CCISM

Jeudi 14 février de 17 à 18 heures, une des rencontres numériques a eu lieu dans les locaux de la CCISM en présence d’une trentaine de personnes. L’occasion d’évoquer l’intégration de solutions numériques au sein de la chambre de commerce de Tahiti.

Ainsi, deux logiciels de gestion ont été présentés par Marc Chapman : Le 1er s’appelle Great Organizer. C’est une plateforme de pilotage de projet en entreprise qui permet de piloter de manière intuitive et efficace en connaissant l’état d’avancement du projet sans aller chercher dans ses mails ou ses documents de réunion. En deux ou trois clics, on peut sortir des documents retraçant les échanges des comités de pilotage par exemple.

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Le 2eme logiciel s’appelle Great Organizer Qlik View. A mi-chemin entre Excel et un logiciel très développé du type Oracle, il permet de faire des recherches sur des informations précises par mot-clé et de restituer les données voulues en un minimum de temps. Les intéressés peuvent aussi visualiser des données par graphique. Les principales hausses et baisses au niveau des charges sont mises en évidence. « Avec Excel on ne peut pas aller aussi loin dans le détail » précise le directeur administratif et financier de la CCISM.

Le logiciel cherche à travers les fichiers Excel ou Sage par exemple. A la CCISM, la mise en place de ce logiciel a été réalisée en deux semaines, ce qui comprend le délai de déploiement et la mise en œuvre d’un tableau de bord fonctionnel.

Bien souvent, la seule information financière à disposition des dirigeants d’entreprise est restreinte donc ils pilotent à vue ce qui limitent leur capacité d’anticiper.

C’est pour cela que la CCISM a décidé de tester ce logiciel de « business intelligence » qui étaient auparavant réservé aux grosses entreprises.

Aujourd’hui, la CCISM cible les TPE car 90 % des entreprises polynésiennes ont moins de 5 salariés. La CCISM affirme que sa priorité est d’adopter un outil de gestion pour ces TPE. D’autant que « plus de 80% des TPE qui échouent dans la première année, sont souvent confrontées à des difficultés de gestion ». En ce qui concerne les TPE dans les îles éloignées, la CCISM utilise des solutions qui permettent d’accompagner le chef d’entreprise à distance, dès lors qu’il a une connexion Internet.

 

Après la présentation de ces deux solutions, les réactions dans le public ont été assez nombreuses : cout, quels outils pour les TPE, comment diffuser ces outils à Tahiti ? …

 

 

 

 

20/02/2013
par cpouplard
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Compte-rendu : le web documentaire – Jeudi 14 février

La particularité et la force du web documentaire résident dans la possibilité de mêler plusieurs moyens de communication : du texte, des photos, des vidéos, du son. Pour en parler : Pascal Lechevallier, directeur de What’s hot qui a également travaillé douze ans au sein de TF1, l’association tahitienne des professionnels de l’audiovisuel, Yves Haupert, directeur de TNTV, Marc Louvat un réalisateur et le syndicat des producteurs audiovisuel de Polynésie française. Le débat a eu lieu en direct sur Polynésie Première.

Pascal Lechevallier a commencé par donner une définition du web documentaire : c’est un documentaire multimédia diffusé sur Internet sous forme de vidéos, photographies, sons et textes. Le journaliste livre un récit non linéaire que l’internaute peut parcourir selon différentes entrées. Il peut choisir quelles informations il veut obtenir grâce à l’interactivité, véritable caractéristique du web documentaire. Aucune règle ne régit cette nouvelle écriture journalistique, libre à chacun de créer ses propres codes d’où la valeur expérimentale de ceux publiés actuellement. Le web documentaire fait appel à un mode d’écriture spécifique qui permet l’interaction entre le diffuseur et le spectateur. Cette particularité a, pour le moment, cantonné les web documentaires sur des sites internet, tout simplement parce que les interfaçons sont mal supportées sur des modes de diffusion de type broadcast. Pour lui, le web doc peut faire penser aux CD-Rom interactifs.

Qui fait du web doc aujourd’hui ? En Métropole, le développement et la diffusion de web documentaires s’est principalement  fait à l’initiative du service public, mais aussi de médias comme le Monde qui a largement investi dans cette catégorie de programmes depuis 2012. Selon Pascal Lechevallier, « il y a un vrai déficit de prise en main sur le Web doc auprès du public ». « Le plus grand site de web doc c’est Facebook qui met en scène nos vies », toujours selon Pascal Lechevallier. Antoine Chotard rebondit en faisant remarquer qu’en effet, avec le web doc, la limite entre réalité et fiction est floue, « le curseur n’est pas toujours facile à placer ». L’ATPA s’inquiète alors de savoir si l’on ne va pas bientôt être les acteurs des web doc comme dans la TV réalité ?

Quel mode de distribution ? Partir d’internet pour rayonner sur tous les appareils, TV comprises.

Comment financer les web documentaires ? Le web documentaire doit s’inspirer des modes de financement de l’audiovisuel pour se développer selon Pascal Lechevallier pour qui les processus de financement d’un web documentaire sont divers et uniques en fonction de chaque projet. Pour aider les porteurs de projets, ils existent de nombreuses bourses et aides intervenant à tous les stades du processus de création, de l’écriture à la production. En voici quelques exemples : les aides du Centre national du cinéma (CNC) et de l’image animée comme laide aux projets nouveaux médias. Les aides publiques nationales de la SACEM: aide aux projets internet et multimedia, par exemple. La fondation d’entreprise France Télévisions. Il y a aussi les aides régionales et les aides privées : Dailymotion Creative Fund et Fondation Audiens Générations. Yann Pennec pense que le marché doit prendre le relai des aides publiques. Mais « ce n’est pas le cas aujourd’hui ». Pascal Lechevallier précise que personne ne sait s’il y a matière à croissance avec ce transmédia.

Quels sujets pour le web doc ? Antoine Chotard, de l’association Europe Aquitaine Communication, donne l’exemple de l’Aquitaine où « des web doc sont nés autour du surf, du vin, des chemins de randonnées, des sujets importants pour l’Aquitaine ». Pour Marc Louvat, « le web doc peut être une manière d’exploiter le surplus d’infos que l’on a (…). Et ce n’est pas un bonus ». En effet, en tant que réalisateur, il dit utiliser 10% seulement de ses recherches.

Comment cela peut prendre forme en Polynésie française?

Pour Yann Pennec, il faut choisir ce que la Polynésie « veut mettre en avant. Il faut angler le discours, puis avoir une logique économique ». Antoine Chotard prévient les professionnels polynésiens : « un jour ou l’autre, des gens de Google vont venir numériser les fonds sous-marins. Ce serait peut-être bien que ce soit des clichés pris par des polynésiens ».

Pascal Lechevallier conclut en rappelant que c’est toujours le public qui a le dernier mot. S’il adopte le format, le web doc fera son chemin.

19/02/2013
par cpouplard
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Bilan des rencontres numériques 2013

« On est dans un sens de développement, mais il faut aller plus vite »

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Michel Paoletti, président des Rencontres Numériques nous propose une synthèse de cette 5ème édition. 

Le hors les murs

« La première opération hors les murs des Rencontres Numériques fut très enrichissante, car elle a permis de sensibiliser les représentants de l’Assemblée de Polynésie et de montrer qu’ils s’intéressaient sérieusement à la question du numérique. Ce que l’on dit des Rencontres Numériques ne reste pas entre nous et c’est bien l’objectif, de montrer à quel point le numérique est un enjeu culturel et économique. Nous avons ensuite eu un débat à la CCISM et là encore, cela a permis d’instaurer un dialogue inexistant jusqu’à lors entre différents acteurs et de conduire à des réponses concrètes. Enfin, il y a eu une séance à l’Université en vidéoconférence avec Joël de Rosnay : les participants ont été subjugués par le talent visionnaire de cet homme, qui, en plus d’avoir une longueur d’avance, a une vraie sensibilité sur les petites unités, sur la manière de les faire entendre. »

Rencontres Océaniennes de l’OPT

« L’OPT est notre principal partenaire depuis le début. Nous avons eu des débats intéressants avec des représentants de télévision sur la question des contenus et des opérateurs, des supports et des diffusions. L’OPT a également eu l’occasion de présenter le projet de regroupement de ses filiales qui est en marche (Mana, Tikiphone et TNS). Une restructuration qui a pour objectif d’être plus dynamique face à l’arrivée de la concurrence ».

Réveiller les consciences

« D’une manière générale, ces 5èmes Rencontres Numériques posent toujours la question de savoir : que devient-on en tant que citoyen numérique ? Se positionne-t-on comme actif ou comme objet ? Ce qui est certain, c’est que nous devons nous armer et la jouer collectif (forums, crowdsourcing). En Polynésie française, nous sommes par définition dans un des endroits au monde où l’outil Internet est un des plus appropriés pour relier les gens, entre eux mais aussi avec les autres. Dans les années à venir, il reste toujours à déterminer des orientations pour l’action publique ainsi que celle des autorités en matière d’éducation, de santé, d’économie… On est dans un sens de développement, mais il faut aller plus vite. L’enjeu est énorme. La société a fait des progrès, il reste encore à intensifier le processus. Pour avoir une industrie digne de ce nom, l’installation d’un second câble sécuritaire est fondamentale par exemple ».
Rendez-vous l’année prochaine !

Isabelle Bertaux

15/02/2013
par cpouplard
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Compte-rendu : les digital natives – Vendredi 15 février

Vendredi 15 février, de 14 à 16 heures, une quinzaine d’intervenants se sont réunis sous le chapiteau du village FIFO pour questionner les digital natives sur l’univers dans lequel ils sont nés, vivent et feront leur vie entière : le numérique.

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D’abord une petite définition : Digital native se dit d’une personne ayant grandi dans l’univers numérique avec ordinateur, Internet et téléphone mobile. Ils ont entre 15 et 25 ans et ont un rapport spécifique à la société et aux médias, façonné par les technologies numériques.

« Etre un digital native c’est être connecté partout et tout le temps » nous explique l’un deux, Christian Vanizette. Ils se connectent dès leur réveil. « Mon premier réflexe le matin : me connecter » confirme  un étudiant participant au débat. 18 heures par jour pour certains… Ils sont habitués à la gratuité et n’envisage pas d’y renoncer. Au contraire, ils sont prêts, voire demandeurs de nouveaux modèles économiques : la façon de faire payer la musique par exemple ne peut plus être la même selon eux. De nouveaux modèles éducatifs doivent aussi être envisagés pour intégrer les connaissances actuelles. Des solutions inédites sont évoquées comme les general assembly à Berlin et aux Etats-unis, des formations à mi-chemin entre l’école et les lieux où l’on pratique le numérique. Ils sont aussi habitués à choisir. Par exemple, choisir le moment où ils parlent et communiquent avec un interlocuteur, ils sont conscients qu’il existe aujourd’hui une E-réputation qu’il est nécessaire de maitriser. Ils le disent eux même : « La terre entière sait lorsque une personne se comporte mal, ce n’est plus Dieu qui te juge, c’est la planète Terre ! ». Mais utilisent-ils cette imprégnation et leur connaissance du numérique pour saisir des opportunités professionnelles ?  Ou rendre service aux autres ? La réponse ne semble pas évidente.

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14/02/2013
par cpouplard
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Compte-rendu : le contenu numérique océanien, états et perspectives – Mercredi 13 février

Mercredi 13 février à 9H30, l’OPT présentait ses « Rencontres Océaniennes » avec ce débat lors duquel professionnels du numérique et de la télévision ont pu s’exprimer.

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Benjamin Teihotu, Directeur de l’OPT, a commencé cette conférence en présentant les grandes lignes du groupe OPT et de ses filiales, Mana, Tikiphone et TNS : 55 abonnements de lignes téléphoniques classiques, 227 600 puces vini, 37 500 connexions ADSL, 25 000 décodeurs télévision, bref, des besoins de plus en plus importants à l’échelle d’un territoire grand comme l’Europe. Outre le déplacement, récent, des usages (beaucoup plus de nomadisme) et la convergence des technologies, la consommation de bande passante en Polynésie va crescendo depuis l’ouverture du câble. Benjamin Teihotu a également fait part de la politique du groupe en faveur de la création numérique : partenaire du FIFO depuis sa création, l’OPT apporte son soutien à d’autres projets comme la réalisation d’un documentaire polynésien, « Tupaia’s endeavour » : il retrace la vie du navigateur polynésien Tupaia, pilote du bateau de James Cook, l’Endeavour. Il sortira fin 2013 et sera, on l’espère, sélectionné au prochain FIFO.

Les participants invités aux rencontres numériques ainsi que le public ont pu en profiter pour poser de nombreuses questions sur l’OPT, ses réalités et ses projets (réseaux, débits, facturation, etc.).

Pour aller plus loin, Karl Tefaatau, Directeur de l’Agence du Développement du Numérique, a même suggéré au directeur de l’OPT l’idée de la création d’un fonds d’investissement pour soutenir l’innovation polynésienne, car selon lui, « l’OPT doit aller au-delà de son rôle de ‘transporteur’ ». Affaire à suivre !

Les télévisions en question

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La deuxième partie de la conférence était axée sur les télévisions régionales et leurs problématiques de contenus. Carol Hirschfeld, Directrice des programmes de la chaîne Maori TV, a rappelé le rôle de ce « petit diffuseur » dans le paysage audiovisuel néo- zélandais, ses contraintes et ses impératifs. « Notre rôle est de valoriser et promouvoir la langue maori tout en offrant une réelle qualité de service ». Ce service, financé en grande partie par l’Etat, a vu le jour en 2004, son audience en 2012 a atteint 1,7 million de spectateurs. Un chiffre respectable pour un pays d’environ 4,4 millions d’habitants. « Nous diffusons dans les deux langues, 50% de nos programmes sont en maori. En Nouvelle-Zélande, 15% de la population est d’origine maori, mais seulement 5% le parlent couramment. Nous sommes presque étonnés d’avoir tant de succès, je pense que c’est en partie lié au fait que notre programmation en anglais est également intéressante. » Pour coller aux nouvelles tendances et toucher un plus large public, la chaîne prépare actuellement un site Internet relayant son contenu, une stratégie pour aller vers les jeunes et les encourager à regarder la chaîne.

Gonzague de La Bourdonnaye, responsable des nouveaux supports numériques de Nouvelle-Calédonie 1ère, rappelle pour sa part que la chaîne a été un « pionnier dans le développement local », présent depuis longtemps sur Internet et sur les réseaux sociaux. « La fracture numérique en Nouvelle-Calédonie se résorbe progressivement grâce à l’arrivée de la 3G. En brousse, les jeunes n’hésitent pas à faire 15 km pour se connecter et être actifs sur les réseaux sociaux. On profite de cet engouement pour les toucher. »

Mateata Maamaatuaiahutapu, Directrice des programmes de TNTV, est intervenue pour rappeler que TNTV produisait 45% de programmes locaux, dont 4h30 en langue tahitienne, tout en soulevant une contradiction qui devrait ouvrir un autre débat : « si l’on demande aux gens, 99% d’entre eux nous affirment qu’ils souhaitent davantage de programmes en langue tahitienne, et lorsque nous en diffusons, ce sont les moins regardés. »

Isabelle Bertaux

13/02/2013
par cpouplard
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Compte-rendu : la TV connectée son avenir en océanie – Mercredi 13 février

La télévision connectée est en plein développement mais les téléspectateurs ne savent pas toujours précisément de quelle offre ils disposent et les modifications impulsées par cette évolution dans le paysage audiovisuel. Une dizaine de personnes dans le public et les auditeurs de Polynésie Première ont pu assister au débat des intervenants sur la question ce mercredi 13 février de 13h30 à 14h45. Pascal Lechevallier, directeur de What’s hot qui a également travaillé douze ans au sein de TF1 ; l’ATPA (association tahitienne des professionnels de l’audiovisuel) ; Yves Haupert, directeur de TNTV ;  Christine du SPAF, syndicat des producteurs audiovisuel de Polynésie française ; Antoine Chotard, responsable veille et prospective au sein de l’association Aquitaine Europe Communication.

La TV connectée c’est quoi ? C’est la juxtaposition hybride au sein d’un même écran : celui du Smartphone et celui de la TV, qui ont deux modes de vécu, deux régimes hétérogènes. Le média TV est augmenté du média réseau.

La TV telle qu’on la vit aujourd’hui, c’est terminé. La preuve en image avec Pascal Lechevallier commentant une soixantaine de diapositives présentant plusieurs statistiques témoignant de la profonde évolution de l’environnement télévisuel :

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-L’offre des chaînes augmente

-La télé se regarde sur plusieurs appareils : la tablette est devenue le 2eme téléviseur dans la mesure où 85% des utilisateurs de tablette disent regarder la TV avec cet appareil. Le téléviseur restant le point d’entrée principale

-Les sources d’image se dispersent : youtube, piratage, Webséries…

-Les audiences se fragmentent ce qui rend complexe la gestion du temps disponible

-Le temps passé sur le téléviseur se répartit différemment

-Les chaines ne font plus ce qu’elles veulent quand elles veulent !

-Une économie nouvelle s’est créée : quelques 200 sociétés participent à la TV connectée.

-Une cagnotte de 500 milliards de dollars en jeu : entre la publicité, les abonnements et les ventes de terminaux, le marché mondial de la TV connectée s’élève à plus de 500 milliards de dollars.

-Facebook et Twitter commencent à avoir une influence déterminante sur la consommation de programme. D’autres statistiques affirment que 9% d’augmentation du buzz engendre un point d’audience supplémentaire. De quoi bouleverser l’économie de la TV…

-NRJ12 est la deuxième chaine en termes d’audience sociale

-Le poids de la vidéo sur Internet est très important. Sur les cinq prochaines années, la locomotive d’Internet, c’est la vidéo.

-Quasiment 6 milliards d’appareils connectés susceptibles de regarder la TV en 2017

-En France, le chiffre d’affaires de Google est supérieur à celui de TF1. Les chaines n’ont plus le monopole de la publicité

Ces évolutions récentes bouleversent la manière de regarder la télévision en accentuant le rôle de la TV connectée. Du côté des professionnels polynésiens, beaucoup de questions ont émergées.

Yves Haupert, directeur de TNTV : des modes de consommation de l’image différents et complémentaires. « Je ne suis pas d’accord, la TV telle qu’on la connait aujourd’hui n’est pas prête de s’éteindre, même si à côté d’elle grandit un autre format de TV, un autre support, d’autre manière de consommer la TV. Il restera toujours une manière familiale, traditionnelle de consommer la TV. Il nous faut répondre à ce développement de la technologie qui, une fois de plus, va plus vite que les contenus ». Deux idées chez Yves Haupert: il existe aujourd’hui des TV différentes. Il faut s’adapter aux technologies et usages nouveaux  mais cela pose des problèmes de contenu : qui va le financer, quel modèle économique ? Quel cadre juridique pour ce nouveau paysage ?

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Christine, représentante du syndicat des producteurs audiovisuel de Polynésie française rappelle que, pour l’instant, l’offre de connexion à Internet est de 8 Mb maximum en Polynésie. Aura-t-on les moyens de ces nouveaux supports ? « Ce qui est positif avec la TV connectée, c’est qu’on assiste à une redistribution de la parole. Ce métier, on le fera d’une façon différente mais on continuera à le faire. C’est juste une façon de penser différemment qui est en train de se mettre en place ».

Ne faut-il pas aller chercher les programmes, là où ils se trouvent ? Le fait que des jeunes sans diplôme parviennent à produire et à diffuser des films à partir de faibles moyens n’est-il pas une chose positive ?

Les acteurs traditionnels sauront-ils s’adapter à cette révolution ?

13/02/2013
par cpouplard
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Compte-rendu : incubateurs et pépinières d’entreprises – Mardi 12 février

Considérant l’innovation technologique comme levier de croissance et de développement comment créer de la richesse économique et culturelle en PF ? Avec quels outils de production ? Voici les questions qui ont nourri le débat du mardi 12 février de 14 à 16 heures au village FIFO. Un débat auquel une vingtaine de professionnels du numérique ont participé.  Parmi eux, Antoine Chotard, responsable veille et prospective au sein de l’association Aquitaine Europe communication (AEC). Yann Pennec chargé de mission TIC Feder à la région Aquitaine et Christian Vanizette, co-fondateur du réseau Make sense, entreprise sociale sur le Net. Le débat a été mené en direct  sur Polynésie première et devant une quinzaine de personnes dans le public, sur place.

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L’exemple aquitain de pépinière : l’auberge numérique. Chez AEC, on propose aux porteurs de projets, une auberge du numérique : « émulation ; immersion dans des dynamiques régionales et locales ; accompagnement juridique », etc. Une solution qui répond à « un besoin d’accompagnement élevé ». Les projets qui s’y développent sont variés : application mobile pour les randonnées dans les Pyrénées ; un réseau sur les vins ; un service de mise à disposition de données publiques et prochainement, de l’impression 3 D avec une machine de 400 kg ! AEC est soutenu financièrement par la région aquitaine représenté ici par Yann Pennec qui attire l’attention sur le choix parfois difficile du destinataire de l’aide : il faut être suffisamment agile pour laisser entrer dans la pépinière, des projets à priori bancals mais qui laissent entrevoir les compétences de son porteur.

Rumia, l’incubatrice-pépinière polynésienne. Le projet polynésien de pépinière d’entreprises a été présenté au public à travers un film institutionnel. Dans quelques mois, Rumia sera un espace dédié aux créateurs d’entreprises liés au numérique et à l’audiovisuel. A la fois incubateur et pépinière, l’espace ambitionne d’accueillir les entrepreneurs à Motu Uta sur 1000 m2. L’idée est d’aider les porteurs de projet à monter puis à développer leur projet. Dans la phase d’incubation, des professionnels aideront les porteurs de projet sur le plan administratif, financier, comptable…Tout ce qui relève de la création et gestion d’entreprise.

Incubateur, accélérateur, pépinière, c’est quoi ?  Pour aider les profanes (auditeurs et public sur place), la notion d’incubateur a été précisée : pour Yann Pennec, c’est « tout ce qui est avant la création d’entreprise ». Et l’incubateur devient bon s’il a vu beaucoup de projets. Il voit ceux qui réussissent et ceux qui échouent. D’autant que « dans le numérique les marchés sont souvent nouveaux. Alors on tâtonne souvent avec le porteur de projet ».  Christian Vanizette en profite pour faire connaître un nouveau concept développé aux Etats-unis : les accélérateurs qui « prennent des dizaines et des dizaines d’entrepreneurs, ils parient sur eux et en moins de 3 mois, avec des coachs, ils font tout pour développer l’idée du porteur » et la faire aboutir.

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Pas de crédit, pas d’entreprise ? Rien n’est moins sûr dans le numérique où tout n’est pas question d’argent mais aussi de compétences. Christian Vanizette l’affirme en s’appuyant sur sa propre expérience : « Avec zéro euro et Facebook, on peut créer quelque chose ». Il évoque ainsi des exemples probants d’entreprise sociale à travers le monde, au premier rang la sienne, qui rencontre des entrepreneurs souhaitant créer un service ou un produit visant à résoudre un problème de société ou un problème environnemental. « Quand on les trouve, on leur demande de quoi ils ont besoin pour concrétiser leur projet d’entreprise ». Et c’est parti pour une nouvelle entreprise, qui plus est, sociale.

Comment détecter les porteurs de projet ? Christian Vanizette parle d’une intuition. « Passionné ou rêveur ? Ce sont les deux critères sur lesquels on se base. « Au bout d’un mois, ils doivent avoir développé quelque chose » même si ce n’est pas le projet abouti, au moins « on sait qu’ils sont prêt à mettre les mains dans le cambouis ».

Comment faire pour motiver les jeunes ? Christian Vanizette parle d’une idée qui a fait ses preuves en Afrique : Les week-end start up dans une école de Dakkar.

Le coin des bonnes remarques : « Quand quelqu’un a quelque chose de nouveau à dire, personne ne le comprend, citation de Simone Veil » ; « On est en train de changer de civilisation » ; « Le numérique réduit l’éloignement à partir du moment où les infrastructures existent… » ; « On ne va pas refaire la Silicon Valley à Tahiti » ; « Le grand secteur économique de demain c’est le tourisme » ; « On veut donner le bon outil, on ne veut pas imposer les choses ». Pour la PF, « La première chose est d’identifier les porteurs de projet ». « Une loi de pays vient financer des projets innovants » ; « Le fait qu’il y ait une économie numérique mondiale change complètement la donne ».

 

13/02/2013
par cpouplard
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Compte rendu : les instantanés polynésiens, calédoniens, aquitains des numériques – Mardi 12 février

La deuxième conférence-débat a eu lieu sur le village FIFO à Papeete. Pour ce mardi 12 février, jour d’inauguration du 10ème FIFO, les participants ont discuté des instantanés polynésiens, calédoniens et aquitains des numériques. Trois interventions successives des observatoires de Nouvelle-Calédonie (Charlotte Ullmann), d’Aquitaine (Yann Pennec) et de PF (Karl Tefaatau) sur les réalités numériques de chaque territoire. La matinée a commencé avec des tests de télé-enseignement en présence d’Antony Géros et la présentation de l’expérience de Raivavae, aux Australes ; puis la télémédecine suivie de la présentation du projet Rumia, Pépinière d’entreprises liées au numérique et à l’audiovisuel. Le public a ensuite posé ses questions et émis des commentaires qui témoignent de quelques inquiétudes : « Il faut un visage, des humains » ; « les bases ne sont pas acquises dans certains domaines », comment passer au numérique dans ces conditions ?, « la sauce ne prend pas » a-t-on entendu dire dans les rangs du public. Les technologies seront-elles accessibles à tout le monde ? Pour le Haut- Commissaire Jean-Pierre Laflaquière, la PF est clairement le lieu du développement de ce type de technologie, compte tenu de sa dispersion géographique. Elle devra choisir les secteurs qui seront les plus rentables, ou ceux qui seront les plus susceptibles de faire des économies. Il y a donc une stratégie à mettre en place. Ce n’est donc pas tant une question de diversité technologique que de stratégie et de choix pertinents. « Et la sécurité ? A-t-on les moyens de protéger les données ? » se demande-t-on dans le public.

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Charlotte Ullmann, directrice de l’observatoire du numérique de Nouvelle-Calédonie est intervenue par skype depuis la Calédonie.  Elle a donné des chiffres-clé : 432 abonnés à la newsletter ; 2 salariés ; un budget de 30 millions Fcfp par an ; 965 professionnels de la filière Tic soit 2400 salariés ou 4 % de l’emploi local. Ils ont noté un développement de la banque en ligne et des démarches administratives sur Internet.

Yann Pennec affirme que les grandes tendances sont les mêmes partout en France : utilisation croissante de l’internet avec 9 personnes sur 10 sur une utilisation quotidienne. Une large part de ces internautes l’utilise à leur domicile, au travail, en voiture. On compte 94% d’utilisateurs de Facebook et on assiste à une effervescence des services pour les retraités, à une croissance continue et plus ou moins rapide de l’E-commerce et de l’E-administration.

Concernant la PF, les derniers chiffres datent de 2010 : 50% des foyers polynésiens étaient connectés à Internet en 2010. Les freins à la connexion des foyers sont l’absence d’équipement et une absence de besoin. De belles surprises cependant : concernant le télépaiement par exemple, les Marquises et les Australes sont les mieux équipées.

12/02/2013
par cpouplard
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Compte-rendu de la conférence à l’Assemblée – Lundi 11 février

Les mutations numériques du territoire

photo conf 1 Michel Paoletti

Lundi 11 février, de 15 à 17 heures à l’assemblée de Polynésie : coup d’envoi de la série de conférences destinées aux professionnels du numérique. Trois intervenants se sont donnés le tour : Yann Pennec, chargé de mission TIC Feder au conseil régional d’Aquitaine, Antoine Chotard, responsable veille et prospective pour Aquitaine Europe Communication (association qui a pour but d’informer, d’observer le territoire et d’accompagner les porteurs de projet du numérique), Pascal Lechevallier directeur de What’s hot, cabinet de consulting qui a aussi travaillé 12 ans pour TF1 (service média audiovisuel à la demande). Avec eux, les participants ont évoqué le lien entre les territoires et le numérique sous la houlette du président de ces 5ème Rencontres Numériques : Michel Paoletti. Une quinzaine de personnes ont participé aux débats, parmi elle, des représentants de l’assemblée et du Pays. Comment le numérique permet une meilleure valorisation économique, sociale et culturelle ? Quel est le rôle des acteurs publics dans les territoires numériques ? Comment éviter une fracture numérique ? L’E-administration. Voici les grandes questions abordées par les participants.

Côté aquitain, pour Yann Pennec, il faut « aborder le numérique en 4 grands thèmes : Gouvernance, accès, usage, service et à partir de là, lancer des pistes ». Pour Antoine Chotard, il faut préciser certaines notions. Par exemple : l’innovation. Celle-ci n’est pas forcément une technologie de pointe. Au contraire, beaucoup d’entrepreneurs veulent mettre en place de nouvelles applications avec une technologie qui s’efface au profit du service rendu. Autre point important selon lui: les données numériques. Aujourd’hui, beaucoup de données circulent. Leur exploitation fait apparaitre de nouveaux services, tout en posant des problèmes de stockage. La maitrise de ces données devient donc capitale.

Du côté polynésien, Karl Tefaatau, chef du service ADN, rappelle que la problématique principale de la Polynésie est l’accès à Internet (rendu difficile du fait de l’éclatement géographique), puis affirme qu’une fracture numérique nouvelle est en train de naître entre ceux qui ont le moyen débit et ceux qui possèdent déjà le haut débit.

photo conf 1 vue d'ensemble

La conférence se poursuit avec la problématique des budgets consacrés au numérique, question abordée par Jacky Drollet, président de l’APF. Réponse des aquitains : en Aquitaine, il existe deux approches : l’une purement économique par un pôle développement économique et emploi (budget de 250 millions d’euros par an), ou bien, une délégation de TIC avec une transversalité de la question numérique : tourisme, culture, réseau, économie (budget de 10 millions d’euros par an). Pour ce qui est des aides publiques, l’Aquitaine s’appuie essentiellement sur le FEDER.  Un axe sur 2007-2013 est consacré au numérique, il est doté de 45 millions d’euros. Pour en bénéficier, il faut porter des projets structurants et importants. Pas de place donc, pour de jeunes pousses innovantes mais d’autres fonds existent pour elles.

La question d’un organe de régulation comme l’ARCEP (agence de régulation des communications électroniques et des postes) en métropole a aussi été abordée car avec le statut d’autonomie, la Polynésie peut théoriquement se doter de sa propre autorité de régulation.

Armelle Merceron se demande quels types d’activités permettent de tirer profit de l’économie numérique pour ne pas en rester au stade de l’usager-consommateur ?

Yann Pennec propose d’identifier la façon dont la filière numérique pourrait répondre aux besoins des secteurs traditionnels polynésiens.